Même si Francisco Sasfield Cabral déclare initialement « C’est une bonne chose pour le Portugal d’avoir conclu avec succès les difficiles négociations menées en vue de mettre d’accord 27 pays sur le nouveau traité européen », la suite ne se poursuivra guère en faveur de nos 27 leaders. En effet, même si, selon Cabral, de petites avancées sont notables, comme le fait que « les Parlements nationaux soient un peu plus présents dans le processus de décision communautaire », l’attitude de nos chefs d’Etats ne se révèle pas moins « inquiétante ».
En ligne de mire : le fait que nos dirigeants s’accordent en vue d’éviter toute forme de referendum sur le nouveau traité (excepté en Irlande, car le referendum est imposé par la Constitution). Peur d’une nouvelle cacophonie européenne ? Peur de la voix des citoyens ? Bien que Cabral n’envisage guère le referendum comme seule expression de la démocratie, l’éviter reviendrait à « tromper les citoyens ». En effet, celui-ci avait été envisagé que dans le cas de transfert de souveraineté prôné par le nouveau traité. Or, c’est exactement ce que celui-ci institue, que ce soit dans le domaine de la justice, de la police ou de l’immigration. Pourquoi ne pas tenir les promesses ?
Plus particulièrement, refuser de soumettre le nouveau traité à un referendum au Portugal sera perçu comme « choquant » du fait que le Parti Socialiste l’avait promis aux portugais lors du programme de 2005 ! Cela conforte donc la tendance portugaise de ne jamais consulter les citoyens quant au projet de construction européenne, tendance à laquelle on peut assister un peu partout en Europe. De fait, construire cette dernière sans les européens nous mènerait au désastre selon Cabral. Avec ou sans traité.
Article de Francisco Sasfield Cabral, résumé par Aurélia CHAISE, extrait de Pùblico- Courrier International 25-30 Octobre 2007
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