Ils étaient plusieurs centaines de citoyens à manifester à Versailles le 4 février dernier, en vue de protester pacifiquement contre la modification parlementaire de la Constitution française, première étape nécessaire à la ratification du traité de Lisbonne (officiellement adopté le 8 février). « Pacifiquement » était bien le mot d’ordre de ce rassemblement, qui comprenait un collectif de gauche, allant de Attac, en passant par Cactus jusqu’au collectif du 29 mai. La CER était également de la partie, en vue de soutenir les citoyens français dans ce que certains considéraient non sans ironie « le baroud d’honneur » face à la démocratie. Au moment de l’acceptation du changement constitutionnel, les manifestants se sont symboliquement bâillonnés pour dénoncer l’attitude du gouvernement français peu encline au dialogue sur un sujet pourtant d’importance capitale pour n’importe quel citoyen français quelque soit sa tendance politique. Ce geste, des plus symboliques, ne contenait cependant aucune trace de violence ou de manque de respect envers les autorités. Or, le témoignage de Denis nous amène à réfléchir de façon amère face au comportement de certains représentants de l’ordre, lors de mouvement pacifiques comme celui-ci.
Ce militant aux côté des Verts s’est en effet injustement fait passer à tabac par des policiers lors du rassemblement de Versailles. En utilisant une grille d’un des fourgons pour se mettre debout sur une barrière afin de mieux voir ce qu’il se passait, celui-ci s’est vu violemment frappé et agressé au gaz lacrymogènes par des CRS, avant d’être emmené au commissariat. Sa garde à vue a duré 48 heures, dans des conditions sanitaires déplorables, car Denis souffrait de son œil et des coups qu’on lui avait portés. Son crime ? Détenir deux « armes » (un couteau suisse et un opinel, couteau en bois !) et être soupçonné d’être un militant de José Beauvais. Certes, ce dernier n’est guère porté dans le cœur du gouvernement actuel vues ses positions radicales sur les champs d’OGM, or en était-il question ce jour-là ? Etre militant de José Beauvais constitue-t-il un délit lors d’une manifestation pacifique en vue de réclamer un referendum à propos du traité de Lisbonne ? Sans oublier que Denis était un simple militant des Verts.
De fait, la démocratie ce jour là s’est vue « bâillonnée » par le gouvernement, mais également « passée à tabac », victime de la violence arbitraire et non-contrôlée des représentants de l’ordre. Cela s’est-il bien passé en Union Européenne ?
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